Quelle est l'importance pour un ingénieur, un comptable, un informaticien, un graphiste de savoir écrire sans fautes? N'auraient-ils pas avantage à concentrer leur temps et leurs efforts sur l'acquisition et le perfectionnement de leurs compétences techniques plutôt que d'apprendre à écrire correctement? À l'ère où les communications écrites se multiplient et se complexifient et ce, peu importe le métier exercé, cet argument ne tient pas la route.


« Nous vous inviteront à une réunion qui aura lieu mardi prochain à 15 h à la salle de conférence 7 141B. Nous joignons les documents que vous devrai lires avant de venir à la réunion. Votre présence est fortement facultative car des sujets importants serons discuter. »


Les lacunes de plus en plus importantes rencontrées par les étudiants et les travailleurs en matière d'expression écrite commencent à inquiéter sérieusement institutions scolaires et entreprises qui recherchent activement des solutions pour les combler. Les premières envisagent de remettre la bonne vieille dictée obligatoire à l'ordre du jour et les secondes, de l'intégrer à leur panier de tests en vue d'évaluer les compétences linguistiques des candidats dans le cadre d'une activité de recrutement. Et pourquoi pas?


Si certains individus gardent un souvenir plus ou moins agréable de la fameuse dictée administrée au quotidien lorsqu'ils étaient écoliers (j'en garde pour ma part un souvenir heureux), cet exercice auquel on a malheureusement tourné le dos pourrait, si on le modernisait pour l'adapter aux difficultés que rencontrent aujourd'hui les apprenants et aux méthodes d'enseignement actuelles, constituer un outil de formation de grande valeur.


La dictée est en effet un exercice complet en soi qui permet à l'enseignant ou au recruteur de constater en un seul coup d'œil si l'élève ou le candidat maîtrise on non les nombreuses règles relatives à une langue. Mais ce n'est pas tout.


Pour un élève, la dictée développe sa capacité d'attention qui pourrait aussi avoir des répercussions sur d'autres matières. Pour un candidat, l'exercice constitue une excellente opportunité de démontrer, outre ses compétences linguistiques, sa capacité de concentration, de gestion du stress (engendré par l'évaluation en direct) et d'adaptation au changement (réaction spontanée face à l'administration d'un test qui sort des sentiers battus).


À l'heure où les communications écrites supplantent les communications téléphoniques, on ne rigole plus avec des textes truffés de fautes. Si un travailleur, même talentueux, peu importe le métier qu'il exerce, est incapable de s'exprimer correctement par écrit, ses erreurs risquent non seulement de donner lieu à des incompréhensions mais de ternir également son image auprès de ses supérieurs, ses subordonnés, ses clients et celle de l'entreprise qu'il représente. Une firme qui ne prend pas soin de son image risque même de fragiliser ses résultats financiers.


La maîtrise de l'expression écrite ne doit pas être prise à la légère. Elle ouvre bien des portes... et en ferme tout autant...