En typographie française, on met généralement l'accent sur les capitales. Bien que cette règle soit souhaitable, son usage est malheureusement flottant et ne fait pas l'unanimité.


L'absence d'accent sur les majuscules ne proviendrait en fait que des contraintes techniques de la typographie (frais de composition et problèmes d'interlignage, notamment), des anciennes machines à écrire ainsi que des premiers ordinateurs. Ces obstacles ne tiennent plus la route mais la tradition étant tenace, certaines personnes continuent – sous prétexte de modernisme, par habitude ou par goût – de ne pas accentuer les majuscules (et parfois même les lettres de bas de casse) et d'omettre également le tréma et la cédille.


Or, le choix de ne pas accentuer une majuscule a deux conséquences importantes pour un lecteur. Premièrement, parce qu'elle risque de le faire hésiter sur la prononciation ou le sens des mots ou des phrases, l'absence d'accents ralentit sa lecture. Il devra faire une pause pour se demander si ces mots et ces phrases auraient un accent ou non en minuscules. Deuxièmement – et cette conséquence est probablement la plus fâcheuse – l'absence d'accents peut induire le lecteur en erreur parce qu'elle peut faire aboutir à des contresens. En voici quelques exemples :


DES PARENTS INDIGNES (indignes ou indignés?)

L'AUGMENTATION DES RETRAITES (des retraites ou des retraités?)

LE BEURRE EST SALE (sale ou salé?)

DES LIVRES ILLUSTRES (illustres ou illustrés?)

UN FILS DEPUTE...