De nos jours, étudiants et travailleurs ont recours à des logiciels de traitement de texte pour réaliser leurs travaux scolaires et professionnels. Afin de repérer les erreurs pendant ou suite à la saisie de leurs textes, ils se font assister par un correcteur orthographique et grammatical, soit celui intégré au logiciel de traitement de texte, soit par un logiciel de correction indépendant. Cet outil a pour mission d'attirer l'attention de l'utilisateur – à l'aide de vaguelettes rouges ou vertes – sur les fautes commises – à tort ou à raison – et de lui proposer des options pour les corriger. Et une pensée magique apparaît en même temps que les petites vagues colorées : la possibilité de rendre enfin un travail exempt d'erreurs.


On peut se demander toutefois si les correcteurs linguistiques rendent service aux scripteurs autant qu'ils le croient ou mieux encore, s'ils peuvent contribuer à améliorer leur maîtrise du français écrit.


Je dirais qu'ils rendent service à ceux qui possèdent déjà une excellente maîtrise de la langue, mais sont d'une faible utilité, voire nuisibles, à ceux qui éprouvent des difficultés. Explications.


Le fonctionnement de base d'un correcteur linguistique consiste au repérage des erreurs d’usage et en la proposition d'une liste de mots ou d'expressions en remplacement de ceux qu'il considère « fautifs ». Mais voilà, le logiciel a la capacité de suggérer uniquement les mots et expressions existant dans son lexique interne, sans aucune discrimination. Il agit selon des règles de système préconçues. Il ne réfléchit pas, est incapable d'analyser un contexte, d'interpréter le sens d'une phrase, de détecter les subtilités linguistiques. Et des subtilités, la langue française n'en est pas dépourvue...


Par conséquent, il y a de très forts risques que le correcteur souligne des erreurs qui n'en sont peut-être pas ou au contraire, ne soit pas en mesure d'identifier les passages qui en comportent. La personne qui possède de bonnes compétences en orthographe, grammaire et syntaxe pourra sans problème confirmer ou infirmer les erreurs soulignées et lors de la révision finale de son texte, dénicher les autres coquilles que le correcteur aura été dans l'impossibilité de reconnaître.


Par contre, l'individu qui peine à écrire correctement aura tendance à accepter la première suggestion – parfois boiteuse ou inappropriée – que lui soumet le logiciel. En se fiant uniquement aux capacités correctives de son assistant linguistique, il s'expose même à un ajout d'erreurs dans son texte. Cette confiance aveugle doublée d'une certaine négligence ou paresse à pousser ses recherches dans le but d'orthographier convenablement un mot ou de perfectionner une tournure de phrase le limitent dans l'acquisition de ses connaissances, quand elles ne lui font pas perdre carrément les notions déjà apprises.