Depuis l'avènement de l'informatique et de tous les dispositifs numériques qui font intervenir au quotidien un clavier pour écrire, autant dans les activités professionnelles que privées, l'usage du stylo en prend pour son grade. Que ce soit pour l'envoi d'une correspondance, la prise de notes pendant un cours ou une réunion, l'inscription d'un rendez-vous à son agenda, la saisie de sa liste d'épicerie, l'écriture dactylographiée fait de plus en plus d'ombre à l'écriture manuelle. Tant et si bien que nous restons parfois surpris lorsque nous apercevons une personne prendre sa plume pour écrire ou nous nous surprenons nous-mêmes à reprendre l'écriture « à l'ancienne ».


L'heure est-elle venue de délaisser l'écriture manuscrite au profit de l'écriture dactylographiée? Ne pourrait-on pas désormais apprendre aux petits à écrire directement au clavier? Quelles seraient les conséquences de telles décisions?


Plusieurs études et recherches menées récemment, qui utilisent, entre autres, l'imagerie par résonance magnétique, révèlent que l'écriture manuelle serait bienfaisante pour le cerveau. En effet, autant chez les jeunes enfants qui apprennent à écrire que chez les adultes, l'écriture manuelle aurait un impact positif considérable dans les processus d'apprentissage. L'acte de tracer des lettres est beaucoup plus complexe et sollicite plus de zones du cerveau, comparativement à la frappe au clavier. L'utilisation d'un stylo pour écrire nécessite tout un cheminement qui s'exécute en plusieurs étapes et qui contribue à faire s'activer le cerveau. Écrire à la main plutôt qu'à l'aide du clavier permettrait ainsi au scripteur de mieux assimiler et mémoriser l'information, de mieux structurer et développer sa pensée, en plus d'agir sur sa motricité fine.


Et puis, tout comme le dessin ou la peinture, l'écriture constitue une œuvre qui nous distingue les uns des autres. L'écriture dactylographiée, en revanche, est impersonnelle et dépourvue d'âme.


L'écriture manuscrite disparaîtra-t-elle un jour complètement? Peut-être, qui sait, mais ce n'est sûrement pas pour demain...