Bon nombre d’études ont été réalisées ces dernières années en vue de démontrer les effets du bilinguisme sur le parcours scolaire et le développement intellectuel. Les résultats sont sans équivoque : la maîtrise d’au moins deux langues favorise la réussite scolaire, augmente la confiance en soi et se répercute positivement sur les habiletés cognitives.

 

Quelle que soit la combinaison de langues, maintes études ont démontré que les enfants bilingues possèdent une estime de soi et des aspirations académiques supérieures aux jeunes unilingues. Qui plus est, les enfants habilités à s’exprimer dans plus d’une langue apprenaient à lire et à écrire mieux et plus tôt, éprouvaient moins de difficulté à maîtriser les règles de grammaire, étaient dotés d’une pensée plus créative, d’une capacité accrue à résoudre les problèmes, des aptitudes à innover plus poussées, des compétences dans le développement de stratégies efficaces, une facilité à prioriser. Les enfants bilingues seraient également pourvus d’une plus grande capacité d’adaptation due notamment au fait qu’ils font preuve d’une plus grande ouverture face aux sons qui ne leur sont pas familiers. Selon les chercheurs, la mise en lumière de ces constatations reposerait en grande partie sur le fait que de posséder deux systèmes de représentation mentale accentue chez l’enfant bilingue l’originalité et la flexibilité de la pensée, son champ sémantique pour un même objet étant plus important que celui d’un jeune monolingue.

 

La connaissance de deux langues ou plus a en outre des effets avantageux sur les fonctions cognitives, les fonctions exécutives surtout, qui sont impliquées dans toute action orientée vers un objectif précis. Or, des études ont démontré que les fonctions exécutives sont davantage développées chez les enfants bilingues, qui sont plus habiles à se centrer sur un but. Ce sont surtout leurs compétences en planification, leur flexibilité mentale, leur inhibition, leur jugement et leur autocritique qui leur donnent une longueur d’avance sur les sujets unilingues.

 

Signalons enfin que les atouts du bilinguisme ne se limitent pas à l’enfance. La maîtrise de deux langues ou plus apportent aussi de nombreux bienfaits aux personnes adultes – celles du troisième âge plus spécifiquement – car elle tend à procurer au cerveau souplesse et résistance aux effets du vieillissement et de certaines maladies chez la personne âgée. La gymnastique mentale exigée par l’alternance des codes linguistiques (code-switching) maintient le cerveau en forme et lui offre une véritable cure de jeunesse.