Vous avez mis la main sur une offre d'emploi qui vous semble intéressante. Vous possédez toutes les compétences techniques et diplômes requis et votre expérience de travail antérieure correspond exactement à ce qui est exigé. Vous faites donc parvenir votre dossier de candidature à l'offreur d'emploi et une semaine plus tard tout au plus, on vous convie à une entrevue. L'affaire est dans le sac, pensez-vous alors. Pas si vite.


Si votre curriculum vitae a retenu l'attention du recruteur jusqu'à vouloir vous rencontrer, c'est qu'il juge votre savoir-faire utile pour le poste qu'il a à pourvoir et croit que votre contribution à l'équipe déjà en place sera avantageuse. Si l'expérience professionnelle et le parcours académique d'un candidat potentiel sont des éléments essentiels pour espérer décrocher le poste convoité, qu'en est-il de ses traits de personnalité? Jusqu'où peut-il aller pour tenter à tout prix de faire correspondre ses caractéristiques personnelles aux attentes du recruteur? Quels sont les dangers de s'orienter dans cette voie sans discernement?


Lors d'un entretien d'embauche, les questions posées par le recruteur ou le comité de sélection n'ont pas pour but de satisfaire leur curiosité. Elles ont toutes un objectif précis. S'il est relativement aisé de répondre à celles qui ont trait aux expériences de travail antérieures, aux stages, à la formation, réussir à décoder les questions telles que : « Quelles sont vos points forts et vos points faibles? », « Citez-moi trois qualités et trois défauts », « Si un ancien collègue devait parler de vous, que dirait-il? », « Quelle attitude adoptez-vous lorsqu'un conflit éclate dans votre milieu de travail? », « Avec quel type de personne avez-vous du mal à vous entendre? » est infiniment plus complexe et déterminant. Parce que si vous vous révélez cet employé hyper compétent qui accumule les succès et dont on ne peut se passer, mais que vous devrez travailler sous la supervision d'un directeur contrôlant malgré votre nature indépendante, vous aurez tôt fait de déchanter.


Beaucoup de spécialistes des ressources humaines offrent des conseils sur la façon pour un candidat de mettre ses qualités en lumière et surtout de faire mieux paraître ses défauts pour qu'ils soient interprétés positivement par le recruteur, ceux du moins qui pourraient nuire à l'obtention d'un poste. Mais qui sait si de décrire vos traits de personnalité, même les moins reluisants, simplement et honnêtement, quitte à rater votre chance d'être embauché, n'est pas la meilleure décision à prendre.


Imaginez qu'un recruteur vous pose la question suivante : « Lors d'une réunion d'équipe, si l'un de vos collègues propose une idée dont vous êtes l'instigateur, comment réagissez-vous? » Si vous répondez : « Je ne ferais pas de vague » pour bien paraître, alors qu'en réalité, vous avez l'habitude de donner l'heure juste sans vous inquiéter des conséquences, advenant le cas où vous êtes le candidat retenu, vous risquez d'avoir à faire souvent le tour de l'édifice au cours de la journée pour vous calmer. Parce que si le recruteur vous a posé cette question, c'est que l'entreprise compte très certainement dans ses rangs au moins un employé qui s'attribue les mérites des autres.


« Êtes-vous une personne diplomate? », « Appréciez-vous le travail d'équipe? », « Est-ce qu'en général, les gens recherchent votre compagnie? ». Si ce n'est pas le cas, répondez non, tout simplement.