En lisant ces lignes, j'espère seulement que vous ne reconnaîtrez pas votre patron – dans ce cas, vous êtes une personne privilégiée – ou si vous êtes patron, que vous ne vous reconnaîtrez pas. Parce que la triste réalité, c'est que de trop nombreux employés sont gérés par des gestionnaires qui ont de sérieuses lacunes tant sur le plan des compétences que du comportement. Malgré le fait que la plupart des dirigeants ne se sentent aucunement concernés par la médiocrité ou le caractère impossible, allant même parfois jusqu'à se juger supérieurs à leurs semblables à cet égard, la vérité c'est que 50 % d'entre eux sont inférieurs à la moyenne.


Le plus déconcertant, c'est que se sont les victimes des gestionnaires irresponsables, incompétents, brouillons, individualistes, insécures, médisants, méprisants, qui s'accaparent la réussite des autres, divisent pour mieux régner, qui consultent parce qu'il n'en peuvent plus et sont sur le point de craquer plutôt que leur patron qui aurait pourtant besoin d'un sérieux coaching.


Les travailleurs ainsi gouvernés ont l'impression de ne pas être importants aux yeux de leur supérieur, se démotivent, piétinent, régressent même. Certains se dirigent lentement mais sûrement vers la dépression ou l'épuisement professionnel, d'autres tiennent bon malgré tout pour différentes raisons (la principale étant le chèque de paye toutes les deux semaines) et il y a ceux qui trouvent un autre boulot et démissionnent même si leur emploi leur plaît. Tout le monde est perdant, y compris l'entreprise, tout cela parce qu'un individu pourvu d'un gros ego, est incapable d'accepter ses limites, masque son incompétence et dore son image en s'entourant de collaborateurs plus talentueux que lui et gère les membres de son équipe de manière si malhabile qu'on arrive à se demander quelle stratégie il a bien pu mettre en œuvre pour qu'on lui confie un poste de responsabilités.


C'est bien simple. Soit qu'un beau jour, un dirigeant lui ait octroyé un poste de leader parce qu'il a constaté qu'il maîtrisait bien les connaissances techniques de sa profession sans évaluer ses compétences en gestion des ressources humaines. Soit qu'il ait obtenu un poste de direction par séniorité ou privilège et que ses maladresses soient couvertes par le haut dirigeant qui lui a permis d'obtenir ledit poste.


Il est très difficile pour les employés qui font face à cette situation aberrante d'avouer leur malaise et leur mal-être sans mettre leur poste en péril. Et faute de pouvoir être révélé au grand jour, le problème perdure...