Il est vrai qu'un travailleur peut souffrir d'épuisement professionnel – aussi appelé burn out – parce qu'il se voit imposé chaque jour une charge de travail importante, que les délais pour accomplir ledit travail sont le plus souvent irréalistes, que les outils mis à sa disposition sont inadéquats, qu'il est soumis à un stress considérable en permanence, qu'il doit subir une pression constante de la part la hiérarchie. On ne peut nier non plus que l'épuisement professionnel peut se développer lorsqu'un individu est confronté à un climat de travail malsain, à une difficulté à communiquer avec son employeur, à une gestion déficiente des ressources humaines contraignant celles-ci à supporter des fonctions et responsabilités mal définies. Un travail routinier, des conditions de travail décevantes, l'absence de pouvoir décisionnel, de reconnaissance, d'autonomie, de possibilités d'avancement, de sécurité d'emploi sont autant de facteurs pouvant aussi conduire lentement mais sûrement à l'épuisement professionnel.
 

Si on ne peut ignorer tous ces éléments favorisant la fatigue extrême et ses conséquences néfastes, le travail n'est toutefois pas l'unique cause susceptible de porter atteinte à la santé mentale d'un travailleur. Face à une même dose de stress quotidienne, aux dossiers qui s'empilent, aux relations qui s'effritent, aux illusions qui s'envolent, tous les employés d'une même firme ne réagiront pas de la même façon et ne seront pas affectés au même degré. Qui s'en sort le mieux? 

Les personnes moins sujettes aux problèmes d'épuisement professionnel sont celles qui ont confiance en elles et en leurs compétences, qui ont des attentes raisonnables à l'égard d'elles-mêmes et des autres et sont capables de dire non sans culpabilité. Elles sont en outre aux prises avec moins de conflits et de soucis en lien avec leur vie de couple, leur vie de famille, leur santé physique, leur santé financière. Elle ont de surcroît accès à un réseau social hors du travail et participent à des loisirs et à des projets personnels captivants qui leur apportent une grande satisfaction, parfois capable de compenser le désenchantement auquel elles font face dans leur milieu de travail. 

Le risque d'épuisement professionnel est en somme toujours présent mais le travailleur qui a la possibilité de se ressourcer dans un milieu positif est moins vulnérable que celui qui en est privé.