Vous êtes en admiration devant un collègue qui entre au bureau à 7 heures le matin et repart 12 heures plus tard le soir? Vous aimeriez bien tout comme lui revenir d'une réunion, prendre un appel, envoyer un courriel, donner une directive, vous verser une tasse de café, faire une photocopie, signer quelques papiers, dicter un rapport, vous plaindre d'être débordé au passage et retourner en courant à la prochaine réunion? Vous croyez vraiment que de déplacer de l'air de cette façon vous ferait gagner de la valeur aux yeux de votre patron et de vos coéquipiers? J'ai des petites nouvelles pour vous...


Il fut un temps où passer de longues heures au bureau était vu d'un bon œil par les gestionnaires d'une entreprise. C'était l'un des critères sur lesquels ils se basaient pour attribuer les promotions et les primes annuelles. Aujourd'hui, les récompenses font plus souvent place à l'inquiétude et aux questionnements. Pourquoi un travailleur arrive-t-il si tôt le matin et repart-il si tard le soir? Sa charge de travail est-elle trop lourde? Sa capacité à bien s'organiser est-elle déficiente? Ses compétences et la maîtrise de ses outils de travail pour s'acquitter adéquatement de ses tâches à l'intérieur d'un horaire normal de travail nécessiteraient-elles une réévaluation? Sa participation à des réunions est-elle trop souvent requise? Perd-il sont temps indûment?


Les questionnements des chefs d'entreprise face aux individus que l'on considère comme des modèles, même si cette perception est de moins en moins vraie, ne s'arrêtent pas là. À force de tout miser sur le travail, comment ces travailleurs arrivent-il à trouver un juste équilibre entre leur vie familiale et sociale et leur vie professionnelle, équilibre nécessaire à la santé physique et mentale et à l'épanouissement personnel? Dans une société où la performance est encensée, ces individus zélés ne risquent-ils pas paradoxalement de voir la qualité de leur travail s'amoindrir, leur productivité chuter et leur esprit d'innovation connaître des ratés à force de bosser comme des fous?


Applaudissons celles et ceux qui ont des habiletés organisationnelles hors du commun et qui savent gérer leurs tâches et leurs priorités quotidiennes. Chapeau aux personnes qui donnent à leur carrière la place qui lui revient, jamais au détriment de la famille, des amis, des activités extra-professionnelles. Récompensons les employés épanouis et sereins qui donnent une image positive aux entreprises qui les embauchent plutôt qu'aux sempiternels débordés échevelés qui placent leur bien-être et leur qualité de vie au second rang.


On rencontre également des gestionnaires qui sont incapables de supporter que leurs subalternes demeurent une minute de plus que l'horaire prévu sur leur lieu de travail et les attendent clés en main à la porte. Mais ça, c'est une autre histoire...