« Vous êtes à l'aise en informatique et en bureautique? ». «Ah oui, parfaitement à l'aise. Je me suis construit une magnifique page Facebook et je consulte régulièrement celles des membres de mon réseau ». « Quel est votre niveau de maîtrise d'un logiciel de traitement de texte, d'un tableur, d'un logiciel de comptabilité? ». « Euh... à peu près nul ». « Les logiciels de création graphique, comme Illustrator, ça vous dit quelque chose? » « Pas vraiment, non ». « Connaissez-vous le langage html? » « Le quoi? ». « Et les outils de design Web, tel que Dreamweaver? ». « Dream what? »


La technologie, en constante évolution, fait partie depuis plusieurs années de notre quotidien et c'est une excellente chose. De toute façon, il n'y a rien qu'on puisse faire maintenant pour arrêter la machine. Face à cette évolution, voire cette révolution des outils bureautiques et informatiques toujours plus sophistiqués, il est tentant de croire que tous les utilisateurs maîtrisent correctement une grande partie desdits outils mis à leur disposition. Tous ceux qui peinent à télécharger de la musique, à envoyer un message texte ou à prendre une photo à l'aide de leur téléphone mobile, à payer une facture en ligne, à utiliser Skype, à jouer à des jeux, à comprendre le fonctionnement des réseaux sociaux, regardent avec envie ceux qui manipulent la souris, le clavier et l'écran tactile comme s'ils avaient fait cela toute leur vie (dans certains cas, c'est un peu vrai!).


Mais la connaissance de l'informatique se limite-t-elle à savoir comment créer ou consulter une page Facebook, à faire l'usage de la visiophonie et à télécharger sa musique préférée? Sûrement pas...


De plus en plus de personnes à la recherche d'un emploi éprouvent de la difficulté à en dénicher un par manque de connaissance de l'informatique et des applications bureautiques. Si la grande majorité de ces individus son capables de naviguer aisément sur Internet, beaucoup d'entre eux en revanche sont peu ou pas du tout habiles à utiliser des logiciels de traitement de texte, de création graphique, de comptabilité, des tableurs, des bases de données, possèdent peu de notions relatives au système d'exploitation de leur ordinateur, ne peuvent définir une unité centrale ou un périphérique, ne savent pas à quoi sert la mémoire vive, n'ont qu'une vague idée de la façon d'organiser leurs fichiers informatiques. Et ce n'est pas seulement une question d'âge...


Cet illettrisme informatique a plusieurs causes. Le manque de motivation, d'intérêt ou de temps pour acquérir les compétences qui font défaut par la formation ou en autodidacte. Il y a la peur, sentiment qui touche plus spécifiquement les aînés, l'incapacité de s'adapter à la nouveauté et... la paresse aussi.


Les questions financières peuvent également contribuer au manque ou à l'absence de savoir informatique. Les personnes ayant un revenu modeste et qui ne peuvent s'équiper convenablement sont contraintes à rester à l'écart de l'univers informatique. On parle alors d'exclusion informatique ou de fracture numérique.