Je partageais un repas la semaine dernière avec Marie-France, une ancienne camarade de travail, plutôt talentueuse et allumée, au caractère introverti. Elle me racontait qu'elle était entourée de collègues de travail extravertis et se rendait compte que tout l'espace et l'attention leur était consacrés, bien qu'ils ne soient pas nécessairement plus doués qu'elle (elle est restée diplomate). Elle ne sait pas comment s'y prendre pour corriger ce vilain défaut et faire comme ses collègues qui semblaient avoir davantage de valeur dans son milieu de travail parce qu'ils déplaçaient de l'air.


«Je pense que moi aussi je vais commencer à danser sur les tables pour présenter mes idées.»


J'ai un tempérament semblable à Marie-France mais à l'opposé d'elle, je ne crois pas que l'introversion soit une tare, un vilain défaut à se défaire à tout prix. Il est vrai que nous vivons dans une société qui n'est pas des plus accueillante envers les personnes au tempérament introverti et que cette manière d'être n'est pas aussi valorisée que son contraire dans un contexte professionnel. On considère les introvertis peu communicatifs, taciturnes, apathiques, beiges. Et si nous sommes en mesure de comprendre le tempérament des extravertis, eux, en revanche, ne sont pas très au fait de ce que l'introversion mange en hiver.


Mais j'ai conseillé à Marie-France de ne pas se laisser intimider par le tempérament flamboyant des personnalités extraverties et de ne pas sous-estimer sa façon de fonctionner. J'ai ajouté que pour ma part, même si je le pouvais, je n'aurais pas envie d'apprendre à devenir extravertie. Tout d'abord, je ne suis pas une introvertie timide. Je n'ai pas peur des autres et j'ai l'habitude de défendre mes opinions. Il y a des personnes extraverties beaucoup plus timides que moi. Mes habiletés dans des contextes sociaux ne font pas nécessairement de la haute voltige, certes, mais je m'en sors généralement assez bien. Ensuite, mon tempérament calme me donne la capacité de réfléchir, de prendre le temps de recueillir l'information que je recherche, de l'analyser, de bien la structurer et de prendre ma décision en tenant compte de la situation. Les actions et les décisions parfois irréfléchies des extravertis les exposent à commettre plus d'erreurs.


Je ne sais pas si j'ai réussi à remonter le moral de Marie-France mais elle m'a dit qu'elle attendrait encore un peu avant de commencer à danser sur les tables...