Après le racisme, le sexisme et l'âgisme, il fallait bien trouver une autre façon de discriminer les chercheurs d'emploi ou de se défaire des travailleurs en poste. C'est fait. La discrimination basée sur le poids est un phénomène bien ancré dans bon nombre de milieux de travail. Zoom sur la grossophobie.

À l'instar du racisme, du sexisme et de l'âgisme, tenter de prouver qu'on a été victime de sizeism lors d'une entrevue de recrutement relève du parcours du combattant. Pourtant, si vous croyez posséder toutes les compétences requises pour le poste que vous convoitez mais que vous êtes quelque peu enrobé, vous savez hors de tout doute les raisons qui fait qu'il vous file malgré tout entre les mains, surtout si vous êtes une femme. Les travailleuses sont malheureusement de plus en plus nombreuses à se plaindre de discrimination dans leur milieu de travail due à un indice de masse corporelle trop élevé. Après le sexisme, puis l'âgisme, place au sizeism. Rien de mieux que ce trio d'enfer pour faire obstacle à une recherche d'emploi concluante. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, aucune association n'existe pour lutter contre la grossophobie, contrairement à d'autres formes de discrimination qi ne sont pas ou plus socialement acceptées.

Niveau de compétence/traits de personnalité et poids : aucun rapport

Les préjugés face à la minceur autant qu'au surpoids sont tenaces. Les personnes minces sont perçues comme énergiques, compétentes, disciplinées, déterminées, audacieuses, alors que les personnes enrobées sont considérées paresseuses, faibles, lentes, inefficaces, apathiques. Pourtant, nous savons fort bin qu'aucun lien n'existe - avec preuve scientifique à l'appui - entre les habiletés professionnelles/traits de caractère et le poids d'un individu. Mais le commun des mortels jugent que les personnes aux prises avec un problème de surplus de poids sont responsables de leur condition et qu'un effort de leur part changerait la donne, ce qui n'est pas toujours le cas. Ce jugement sévère et déraisonnable ne fait qu'accentuer la culpabilité des personnes obèses.

Reconnaître le phénomène pour lui faire obstacle

Banaliser la discrimination basée sur le poids serait une grave erreur. Il est essentiel dans un premier temps de reconnaître ce phénomène qui prend de l'ampleur au sein des entreprises et de lutter contre en établissant des règles internes non discriminatoires claires et fermes. Vient ensuite le devoir de tout travailleur d'accueillir avec bienveillance un collègue de forte taille en mettant l'accent sur sa valeur personnelle plutôt que son apparence physique.