Gabriel est créatif et énergique. Il peut boucler en deux jours, et avec des résultats étonnants, les dossiers sur lesquels ses collègues s'échinent pendant des semaines. Il est doté d'un esprit véloce. Il peut réaliser plusieurs tâches simultanément. Il voit plus loin, va à l'essentiel tout en demeurant méticuleux. Il possède des capacités analytiques et de raisonnement impressionnantes et est habile à mémoriser des processus complexes. Clairvoyant, il trouve des solutions efficaces, voire ingénieuses, aux problèmes qui se posent. Pour lui, c'est tout à fait normal de bosser ainsi mais c'est lorsqu'il est confronté aux autres membres de son équipe que les choses se corsent.


Le candidat surdoué en entrevue

Le candidat à haut potentiel qui se présente en entretien d'embauche n'est pas toujours (souvent) détecté par le recruteur. Et dans les rares cas où cela se produit, l'interviewer ressent la plupart du temps un malaise tangible envers la personne assise en face de lui. Bon nombre de candidats hésitent par conséquent à signaler cette particularité lors des entretiens d'embauche. Ils se sentent « handicapés » ou craignent de passer pour des arrogants. Il leur arrive même d'amenuiser leurs réalisations.


L'employé surdoué en milieu de travail

Un individu au profil atypique éprouve une difficulté bien réelle à intégrer le monde du travail, surtout s'il arrive dans la vie active en ignorant son « handicap ». Les entreprises souhaitent accueillir à leur bord des travailleurs intelligents et talentueux, certes, mais qui se situent tout de même dans la moyenne, qui se fondent dans le décor. Ceux qui possèdent une manière de penser, de fonctionner particulière représentent en général une trop grande menace. Ils peuvent pourtant apporter beaucoup à une équipe et à une entreprise.


Gabriel se dit qu'il vivrait sans doute mieux sans cette particularité. Il pourrait avoir une progression de carrière linéaire, qui répondrait en tous points aux desiderata des employeurs. Tout serait infiniment plus simple.


Cacher qui on est

Afin de bénéficier d'une certaine sécurité financière, d'éviter de devoir changer de boîte chaque année et de se retrouver systématiquement en conflit, Gabriel a développé certaines stratégies. Il a décidé de s'adapter aux autres, d'user de diplomatie et de faire mine de respecter l'autorité. Il met un frein à ses réalisations et force son cerveau à fonctionner en vitesse ralentie. Et surtout, il garde pour lui sa spécificité pour ne pas créer d'ennuis. Il cache qui il est.


Reste à espérer que sa stratégie fonctionne longtemps...