En affaires et dans bien d'autres domaines, on a tendance à ne pas accorder beaucoup d'importance aux gens prudents. On les considère fades, sans envergure et on prédit qu'ils n'iront jamais nulle part. Pour peu, on mettrait la prudence dans la colonne des défauts à corriger. Les casse-cou en revanche, plus flamboyants, attirent notre attention, si ce n'est pas notre sympathie. On les qualifie de braves et d'audacieux. Malheureusement, certains d'entre eux sont passés maître dans l'art de s'aventurer à l'aveuglette dans des projets voués à l'échec.


La prudence n'est pas un défaut. Elle n'est pas un manque d'aplomb et ne s'oppose pas au courage. La prudence est plutôt un talent, un complément de valeur, qui simplifie l'existence des personnes capables d'évaluer intelligemment différents scénarios dans le but de prendre une décision éclairée, d'exclure les idées qui grugent leur temps indûment et de passer à l'action. Malgré les risques. Malgré les obstacles prévisibles à surmonter. Nous sommes bien loin du manque de bravoure qui cloue sur place les personnes qui en sont pourvues.


La prudence est constituée de deux étapes : une étape de réflexion et une étape de décision. À l'étape de réflexion, on évalue le projet dans son ensemble, son but, la façon de l'atteindre, ses avantages, ses inconvénients... La réflexion terminée, il faut passer à l'étape de la décision, soit mettre en œuvre le projet qu'on a choisi de réaliser en suivant un plan de match précis, soit le rejeter parce qu'on juge, après réflexion, qu'il est plus convenable d'agir ainsi.


La prudence est une qualité qui rend plus sage, plus productif... mais pas moins dynamique.