Il faut savoir dans un premier temps distinguer les forces et les talents. Alors que les talents sont plutôt des habiletés techniques qu’un individu possède dans divers domaines, les forces sont davantage liées à ses traits de caractère : capacité d’écoute, empathie, sociabilité, créativité, générosité,…

Lorsque la question des talents est abordée dans le cadre d’une entrevue de sélection, les candidats savent habituellement comment y répondre : je possède une bonne logique informatique, je suis trilingue, je tape à une vitesse de 80 mots à la minute, je rédige des textes de publicité accrocheurs, je conçois des pâtisseries exquises. Par contre, lorsque vient le moment d’énumérer leurs forces, les réponses se font plus hésitantes, comme si aucune réflexion au préalable n’avait été faite à ce propos. Ou peut-être est-ce plus difficile parce que plus personnel de mettre en lumière notre courage que nos habiletés comptables.

Ce sont pourtant nos forces qui colorent notre carrière tout entière. C’est leur reconnaissance dans un premier temps qui guidera le choix de parcours académique d’un étudiant en vue d’exercer une profession. Par exemple, une personne qui souhaite devenir psychologue, même si elle croit posséder un talent inné pour poser un diagnostic ou pour prescrire une médication, si elle n’a aucune capacité d’écoute, il lui faudra sans doute changer d’option si elle veut que son métier lui apporte autre chose qu’un revenu.

De même, en cours de carrière, comparativement aux employés particulièrement talentueux, ceux qui sont encouragés à utiliser leurs forces sont moins enclins à considérer leur boulot comme un fardeau, éprouvent moins de sentiments négatifs face à lui. Qui plus est, les raisons qui motivent la démission, le congédiement ou la rétrogradation d’un travailleur sont beaucoup plus souvent liées à ses forces – présence ou absence – qu’à ses compétences techniques. À bon entendeur!