Contrairement aux individus à l'efficacité moyenne qu'il faut contrôler, pousser, motiver, porter une attention sans relâche, les collaborateurs qualifiés de talents sont brillants, indépendants, confiants en leurs capacités, performants, passionnés par leur travail et... difficiles à gérer. On ne sait pas vraiment quoi faire avec ces personnes aux aptitudes exceptionnelles, qui pourraient bien ravir notre poste sans crier gare. On ne sait pas vraiment comment se comporter avec ces étoiles quelque peu suffisantes, qui ne portent pas grand intérêt aux sentiments des autres, dont le travail en équipe horripile et qu'il faut malgré tout chouchouter pour ne pas risquer de les perdre. Eh oui, ces divas sont telles des étoiles filantes qui filent tout droit vers la sortie aussitôt qu'un concurrent a de quoi de mieux à leur offrir. Inutile de se le cacher, bien qu'invivables, les professionels de haut niveau rapportent tout de même de gros sous aux employeurs capables de les attirer et de les retenir.

On aurait tort toutefois de perdre de vue l'importance des équipes et des organisations dans l'éclosion et la reconnaissance de l'expertise de ces brillants spécialistes dont on peut difficilement se passer. Il serait malhabile de baser les politiques des ressources humaines en fonction seulement des talents. Ils possèdent une valeur certaine mais ils ne sont pas les seuls.

La bonne gestion des talents en entreprise n'est pas une sinécure. Elle exige un engagement sérieux de la part de la direction qui doit accepter de les entendre patiemment, sans se laisser intimider ni manipuler. Elle doit en somme parler leur langage qui ne fait pas toujours dans la dentelle.

Ainsi va la vie, ce sont souvent les travailleurs les plus performants qui posent le plus de problèmes. Mais ce sont parfois de beaux problèmes...