Vous avez plus de chances d'être convoqué en entrevue si votre nom est Perreault ou Demers que Nguyen ou Ben Saïd. Dans le but de contourner ce problème de discrimination et rendre les recruteurs plus impartiaux, l'idée d'accepter des dossiers de candidature anonymes a jailli. Certains pays l'ont mise en application, quelques-uns avec succès, d'autres, un peu moins.

La faible utilité du CV anonyme

En plus d'avoir l'air un peu bizarre, de risquer de semer la confusion et de provoquer le sentiment diffus de perdre une partie de son identité, le CV sans nom n'est pas d'une grande utilité pour lutter contre le racisme en milieu de travail. Car si le fait de gommer son nom sur son dossier de candidature permet à un chercheur d'emploi d'être convoqué plus souvent pour une entrevue, il ne pourra pas gommer son visage ni son accent lors de la rencontre avec le recruteur. Et c'est à ce moment que ça passe ou ça casse, pas avant.

Alors imaginez madame Nguyen ou monsieur Ben Saïd qui décide de ne pas inscrire son nom sur son CV, est convoqué en entrevue de pré-embauche, est tout à sa joie en se disant que sa stratégie porte fruits, se prépare de longues heures en vue de l'entretien, sort très satisfait de sa rencontre avec le recruteur, commence à regagner la confiance perdue et puis, déconfiture, sa candidature n'est pas retenue pour des raisons quelque peu nébuleuses. Et chaque fois, le disque rejoue la même rengaine jusqu'à l'indélogeable découragement.

Alors, une bonne idée le CV sans nom? Hum...